Les anciens lavoirs jumeaux du village

 Prises de décisions du Conseil Municipal

Les problèmes liés à l'eau ne datent pas d'aujourd'hui. En effet, dans les archives municipales ont été retrouvé des écrits datant du 23 juillet 1762 où, lors d'une «assemblée en Conseil au son de la cloche, a été exposé par les Sieurs Consuls que la rareté des eaux est si considérable dans cette communauté qu'à peine on trouve de l'eau pour les besoins nécessaires des habitants et l'abreuvage des bestiaux qui souffrent explo_2_30302_2_photo1_g.jpgactuellement, tous les ruisseaux et fontaines estant devenus à sec, n'y ayant que quelque peu d'eau très insuffisante...»

Vers le milieu du XIXème siècle, la pénurie d'eau est telle qu'elle devient insupportable. Aussi, la municipalité décide de faire construire une fontaine et des lavoirs.

Lors d'une réunion du Conseil Municipal du 2 décembre 1843, Monsieur le Maire fait lecture d'une lettre de Monsieur le Sous Préfet du 24 novembre, accompagnée des plans et rapport dressés par l'architecte Monsieur Pralong, relatifs à la construction d'une fontaine.L'ensemble des fouilles de la fontaine et les honoraires de l'architecte ont coûté 586.50 F.

Le 9 novembre 1845,Monsieur le Maire a présenté au Conseil Municipal les plans et devis qu'il a fait dresser pour la construction d'une fontaine et d'un lavoir public et, il a invité à en prendre connaissance et à voter la somme nécessaire pour l'exécution de ce travail. considérant que cette fontaine est de la plus grande importance et d'utilité publique. La population est souvent obligée pendant l'été d'aller laver leur lessive à trois kilomètres de la commune, que l'emplacement choisi pour cette construction est au centre du village, que les fouilles qui ont été faites ont prouvé que l'eau s'y trouvait en assez grande abondance pour 30302_2_photo1_g.jpgl'alimentation de la dite fontaine, le Conseil Municipal vote à l'unanimité la somme de 7566 F sur les fonds disponibles de l'exercice 1846, montant du devis et applicables aux dépenses qui en sont l'objet.

Le 10 août 1847, le Conseil Municipal, vu l'estimation du terrain fait par les sieurs JEAN Jean-Baptiste géomètre à Bagnols et GÈBELIN géomètre à Saint Victor, est d'avis que le Maire Pascal ISSOIRE doit faire cette acquisition. Le prix du dit terrain s'élève à 350 F, Paul BERTRAND étant soumis à la vente de ce terrain au prix fixé.

Le 27 novembre 1848, Monsieur Gabriel MATHON cède à la commune le droit de pratiquer et établir dans une pièce de terre qu'il possède au quartier du Puits des Horts, un canal souterrain destiné à conduire les eaux d'une source à la fontaine et lavoir à établir. Ce canal, d'abord de 2 mètres de largeur aura son ouverture au couchant à une distance d'environ 20 mètres du chemin qui délimite la propriété. Il sera dirigé par une ligne jusqu'à la rencontre du puits communal. A partir de ce point, la conduite n'aura plus qu'un mètre de largeur. Elle sera établie au moyen de tuyaux en briques posés sur un lit de maçonnerie et dirigée en ligne droite du midi au nord, jusqu'au lavoir public. Monsieur Mathon déclare que ladite terre lui appartient, il l'a acquise entre autres biens de Monsieur d'Alauzier (dernier seigneur de Saint Victor) suivant l'acte de maître Morel, notaire à Pont Saint Esprit, le 20 septembre 1845.

La construction de la fontaine et des lavoirs est achevée en 1849. Le budget prévisionnel était de 5850 F.. pour parachever l'ouvrage, une statue est érigée sur la fontaine en 1889, elle représente un centurion romain. Malheureusement, cette statue a été détruite.

L'architecture des lavoirs

Les lavoirs sont constitués de deux bassins couverts séparés, entre ces deux bassins il y a une fontaine alimentée par une source dont l'eau s'écoule dans ceux-ci. L'architecture est de style néoclassique. Deux grands piliers carrés explo_2_30302_2_photo3_g.jpgen pierre forment les ouvertures des côtés. Les niches de façades et les fenêtre sont également taillées à la main dans de la pierre du Pont du Gard.

La couleur de ces pierres en calcaire coquillé, donne plus de clarté et de chaleur à la lumière du lieu.

Des canaux en pierres taillées amènent l'eau de la fontaine aux lavoirs, ce qui, à l'époque facilitait l'abreuvage des troupeaux depuis la rue.

Les bassins sont constitués de deux parties, une pour le lavage et l'autre pour le rinçage. la toîture repose sur des arcs en pierre de taille (pierre du Pont du Gard), elle est constituée d'une charpente formée de chevrons et poutres sur laquelle sont posées des carreaux en terre cuite, parefeuilles de Fournès, pour isoler. Enfin, des tuiles romanes sont posées pour assurer la protection du bâtiment.

De grandes pierres sont posées en pente, ce qui permettait aux femmes de laver leur linge. Le rebord qui termine la pierre, évitait que l'eau savonneuse ne s'écoule dans le bassin.

En 2001, cet ouvrage, classé monument historique a été restauré à l'instigation de la municipalité. la statue détruite a été remplacée et domine à nouveau la fontaine.